Plongez au cœur des traditions culinaires françaises avec une recette qui sent bon l’enfance et la générosité des cuisines de nos grands-mères : le matefaim aux pommes. Ce nom truculent, qui signifie littéralement « mate la faim », évoque à lui seul la nature roborative de ce dessert paysan, à mi-chemin entre la crêpe épaisse, le clafoutis et le gâteau. Originaire des régions du Dauphiné et du Lyonnais, le matefaim était le goûter réconfortant par excellence, préparé avec les ingrédients simples du placard après une longue journée de labeur.
Aujourd’hui, je vous invite à redécouvrir ce classique intemporel dans une version simplifiée et inratable, conçue pour être réalisée uniquement avec des produits de longue conservation. Loin des recettes complexes, nous allons ensemble recréer ce délice rustique qui saura combler les petites et les grandes faims. Oubliez les préjugés sur la cuisine d’antan ; ce matefaim est la preuve que la simplicité rime souvent avec l’excellence. Préparez votre poêle, suivez le guide, et laissez-vous envelopper par le parfum envoûtant des pommes caramélisées et de la cannelle. Un véritable voyage gourmand vous attend.
15 minutes
25 minutes
facile
€
Ingrédients
Ustensiles
Préparation
Étape 1
Commençons par la confection de la pâte, le cœur de notre matefaim. Dans un grand saladier, versez la farine, le sucre en poudre, le sucre vanillé, la levure chimique et la pincée de sel. Mélangez bien tous ces ingrédients secs à l’aide d’un fouet. Cette étape permet de bien répartir la levure et d’éviter la formation de grumeaux par la suite. C’est un peu comme construire les fondations d’une maison : si elles sont solides, tout le reste suivra. Creusez ensuite un puits, c’est-à-dire un petit trou au centre de votre mélange de poudres. Cette technique de grand-mère facilite l’incorporation des liquides.
Étape 2
Passons maintenant aux ingrédients liquides. Dans un autre récipient, préparez votre substitut d’œuf en suivant les instructions indiquées sur l’emballage, généralement en le mélangeant avec un peu d’eau. Une fois la texture désirée obtenue, ajoutez le lait UHT et le rhum si vous avez choisi d’en utiliser. Fouettez énergiquement ce mélange pour qu’il soit bien homogène. Versez ensuite petit à petit ce liquide dans le puits que vous avez creusé dans la farine, tout en remuant doucement avec le fouet du centre vers les bords. Continuez jusqu’à obtenir une pâte lisse, épaisse et sans grumeaux, semblable à une pâte à crêpes un peu plus consistante. Couvrez le saladier d’un torchon propre et laissez la pâte reposer pendant au moins 30 minutes à température ambiante.
Étape 3
Pendant que la pâte se repose tranquillement, occupons-nous des stars de la recette : les pommes. Ouvrez votre conserve de tranches de pommes et égouttez-les soigneusement dans une passoire pour retirer tout l’excédent de sirop. Pour un résultat optimal, vous pouvez même les éponger délicatement avec du papier absorbant. Dans une grande poêle antiadhésive d’environ 24 ou 26 centimètres de diamètre, faites fondre une noix de ghee (environ 20 grammes) sur feu moyen. Ajoutez les tranches de pommes égouttées et saupoudrez-les de cannelle. Faites-les revenir quelques minutes jusqu’à ce qu’elles soient légèrement dorées et caramélisées. Cette étape n’est pas obligatoire mais elle décuple les saveurs et apporte un fondant incomparable. Réservez ensuite les pommes dans une assiette.
Étape 4
Le moment de la cuisson est arrivé. Essuyez la poêle utilisée pour les pommes avec un papier absorbant, puis faites-y fondre le reste du ghee sur feu doux à moyen. Il est crucial que la poêle soit bien chaude mais pas fumante. Versez la moitié de votre pâte à matefaim dans la poêle et répartissez-la uniformément. Disposez harmonieusement les tranches de pommes précuites sur toute la surface de la pâte. Recouvrez ensuite délicatement avec le reste de la pâte. Placez un couvercle sur la poêle et laissez cuire à feu très doux pendant environ 15 à 20 minutes. La cuisson doit être lente pour que l’intérieur soit bien cuit sans que le dessous ne brûle. Vous saurez que le moment de retourner le matefaim approche lorsque les bords se décollent et que le dessus de la pâte est presque pris.
Étape 5
Voici l’étape la plus technique : le retournement. Ne vous inquiétez pas, avec la bonne méthode, c’est très simple. Munissez-vous d’une grande assiette plate, d’un diamètre supérieur à celui de votre poêle. Retirez la poêle du feu, placez l’assiette sur la poêle comme un couvercle, puis, en tenant fermement l’assiette et la poignée de la poêle, retournez l’ensemble d’un geste rapide et assuré. Le matefaim se retrouve alors sur l’assiette, côté cuit vers le haut. Faites-le ensuite glisser délicatement de l’assiette dans la poêle pour cuire la seconde face. Laissez dorer encore 5 à 10 minutes, cette fois sans couvercle. Votre matefaim est prêt lorsqu’il est bien doré des deux côtés et qu’une pique insérée au centre en ressort propre. Faites-le glisser sur votre plat de service et saupoudrez-le de sucre tant qu’il est encore chaud.
Mon astuce de chef
Pour un matefaim encore plus léger et aéré, le secret réside dans le repos de la pâte. Laissez-la reposer au minimum trente minutes à température ambiante. Ce temps de pause permet à l’amidon de la farine de gonfler et au gluten de se détendre, ce qui offrira une texture beaucoup plus moelleuse à votre dessert. Si vous êtes pressé, ce n’est pas rédhibitoire, mais si vous avez le temps, cette petite attente fera une grande différence. Vous pouvez même préparer la pâte à l’avance et la conserver au réfrigérateur.
L’accord parfait pour un dessert rustique
Le matefaim aux pommes, avec ses saveurs douces et fruitées, s’accorde merveilleusement avec un cidre brut de Normandie ou de Bretagne. Ses bulles fines et sa légère acidité viendront équilibrer la richesse du dessert. Pour une version sans alcool, un jus de pomme artisanal pétillant sera un excellent choix. Et pour un moment de réconfort absolu, une tasse de thé noir aux épices (chaï) ou un simple verre de lait froid raviront les palais des petits comme des grands.
Le nom ‘matefaim’ est une pépite du patrimoine linguistique et culinaire français. Il vient de l’ancien français et témoigne de la fonction première de ce plat : caler l’estomac, ‘mater’ la faim des travailleurs des champs. Chaque région avait sa propre version, parfois salée avec des lardons ou des pommes de terre, mais la version sucrée aux fruits de saison, comme les pommes ou les poires, reste la plus populaire. C’est un plat qui incarne la cuisine de l’essentiel, celle qui transforme des ingrédients modestes en un festin réconfortant. Le redécouvrir, c’est renouer avec un savoir-faire simple et authentique.
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